Au milieu de nulle part et au centre de tout

Hortense Gauthier

Nom et type d'exposition

Au milieu de nulle part et au centre de tout

Hortense Gauthier

Date & lieu

Vernissage le 16 Mars à 18H
Le Trampoline – place de l’Olme
Vic Le Comte (63)

Le projet

 Au milieu de nulle part au centre de tout est une expérience d’écriture géopoétique, une fiction spéculative qui questionne l’Anthropocène et la fin de l’humanité, à partir d’une exploration performative du territoire. C’est le récit d’un périple, entre randonnée et road-movie, dans lequel Hortense Gauthier tente d’habiter la disparition future par une présence réelle à l’espace et au temps.

  A partir de cette hypothèse d’anticipation, celle de la disparition des êtres humains, Hortense Gauthier a pratiqué une dérive subjective et géographique avec l’Auvergne comme terrain d’expérimentation et de questionnement. Cette projection dans le temps, en se plaçant dans un futur probable, permet de décaler le regard sur le territoire en le considérant comme une matrice de fiction, d’adopter un autre point de vue, tout en opérant un retour en résonance avec le présent, où la question de la fin de l’humanité, liée aux catastrophes écologiques, devient le grand récit politique et médiatique dominant notre actualité.

Ce récit vivant, entre documentaire et science-fiction, prend la forme d’une aventure post-survivaliste dans laquelle elle part à la recherche d’un « centre» (Massif central, volcans et centre tellurique, centre géométrique du territoire français, ….) au milieu de la France tandis que se déroule la fin du monde humain.

Un espace / une temporalité.

Un point ou un cercle dans l’espace / un point final à la flèche du l’Histoire.

 Deux points à la fois de départ et d’aboutissement pour cette (en)quête poétique contre-collapsiste dans laquelle Hortense Gauthier envisage la fin du monde humain comme une nouvelle temporalité qui ouvre différemment l’espace.

Elle parcourt ainsi le milieu géographique en prélevant des fragments du territoire fonctionnant comme des documents signifiants (photographies, vidéos, documents historiques, touristiques, cartes …), des indices et traces qu’elle agence ensuite selon des causalités multiples et poétiques, pour questionner les notions de « nature », « environnement », « patrimoine », « tourisme », vestiges de notre humanité transitoire et en suspension qui a cadastré et dominé la Terre.

Cette fiction fragmentaire esquisse les contours de ce « milieu de nulle part », cette France de la « diagonale du vide », que l’on dit « périphérique », et dans ce vide, qui est plein, on se sent au centre de la Terre, au coeur du temps, celui très long de la géologie et de l’Histoire, et celui inconnu d’un probable et imminent futur sans humains …

 

Hortense Gauthier interroge les épaisseurs visibles et invisibles du paysage, les croyances et les mémoires locales, les trajectoires du possible et de l’impossible, la solitude et la catastrophe qui a déjà eu lieu … Elle avance par sérendipité, par succession d’hypothèses et de probabilités, et joue avec la résonance des toponymes et les imaginaires des lieux pour inventer des topographies divergentes.

Rechercher un milieu où être, où se tenir, arpenter des terrains de vie selon des échelles variables, entre mouvement et immobilité, capter des images et des sons, écrire des poèmes pour les volcans endormis, et s’imprégner des lieux à travers des actions performatives, telles des rituels pour l’Anthropocène, invocations qui convoquent les forces des éléments et relient les différents dimensions du temps. Ainsi prend corps  Au milieu de nulle part au centre de tout ,  fiction poétique qui dessine une contre-cartographie du futur …pour se dissoudre dans l’espace et le temps …. pour apprendre à disparaitre …

Cette création est née en 2015 lors d’une première résidence en Auvergne (grâce à Videoformes) et s’est poursuivi par une résidence au Trampoline à Vic-le-Comte. Ces mois d’arpentage ont été une véritable expérience « extérieure », une rencontre en action avec un milieu, une recherche poétique et philosophique qui va encore poursuivre de nouvelles pistes à l’avenir …

Merci à la Mairie de Vic-le-Comte, à Antony Squizzato et Marion Pontier pour la réalisation.

Merci à Dimitri Vazemsky, France Le Gall, et Antoine Schmitt pour leur soutien.

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