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Mutafukaz s’inspire de la science-fiction des années 50 en y mêlant des ingrédients contemporains, comme le HipHop et le catch. Ce cocktail en fait une Bande dessinée à l’atmosphère sombre, paranoïaque mais toujours fun et second degré.

 

Enfin ! Voilà le cri poussé par des hordes de fans lorsque le dernier tome de l’épopée américaine d’Angelino et Vinz à Dark Meat City est arrivé dans les bacs, au second semestre 2015. 10 ans entre le tome 1 et l’épilogue des aventures conçues et dessinées par Run, ce fut long, surtout pour ce sixième et ultime volume qui aura mis près de trois ans à voir le jour (NB : le tome 5 est bien le volume 6 puisqu’un tome 0, It came from the Moon, en forme de préquel avait été édité en 2008).
Le résultat est bluffant, comme toujours chez cet éditeur plein d’audace esthétique, et il va au-delà même de nos espérances.

A chaque tome, les techniques graphiques évoluent au cours de l’histoire : du noir et blanc sur papier ivoire aux pages colorées sur papier brillant, en passant à quelques vignettes en 3D (pensez à ressortir les lunettes anaglyphes du tome 0). Rien n’est gratuit cependant, chaque choix textural a un sens, comme les vignettes conçues en DAO par exemple, qui constituent un moment où Vinz rêve, le graphisme vectoriel permettant d’ouvrir une parenthèse dans la réalité du récit. Ce Mutafukaz #5 n’est peut-être le meilleur au niveau du rythme narratif (le tome 4 constituant, pour moi, le climax de la série), mais il faut peut-être y voir une forme de tension chez Run entre le besoin d’en finir une bonne fois pour toutes ces aventures (10 ans que çà dure quand même !) et une retenue à abandonner définitivement ce long compagnon de route. Cette hésitation se ressent et installe le récit dans un faux rythme inhabituel.

La très bonne nouvelle est que le délai devenu presque déraisonnable entre les derniers volumes s’explique par le temps consacré à une adaptation cinématographique dans les studios japonais 4°C !! Eh oui, cette année, Angelino et Vinz prendront vie sur les écrans des salles obscures et un avant-goût sous forme de reportage illustré vient clore ce tome 5. Mieux encore, Run s’est lancé dans la déclinaison de l’univers mutafukazien avec l’annonce d’une série de spin-off à venir. C’est avec Neyef (Bayou bastardise, South Central Stories) aux dessins que vient la première salve, une série de six petits volumes façon comics intitulés Puta Madre et dont le personnage central sera Jesus, un gamin de 12 ans qui rencontre, un soir d’Halloween sur un terrain vague, Spooky, un homme à tête de citrouille l’incitant à commettre des délits. Jusque-là rien ne prouve cependant que le corps sans vie du demi-frère de 2 ans de Jesus ne soit à mettre à son crédit…

Nous n’en avons donc pas tout à fait fini avec la lucha libre !

Premier volet de Puta Madre en libraire le 24 février.

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